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REPORTAGE

 

 

Les « CERCLE DU SILENCE «  renvoient  à une réalité qu’on veut ignorer

Ils, elles sont une quarantaine de personnes qui, depuis 8 mois, se retrouvent devant la Mairie de Guebwiller tous les derniers samedis du mois pour un rassemblement de témoignage sur les centres de rétention et marquer leur soutien aux sans-papiers.

30 000 expulsions par an est le quota annoncé par le Président et mis en œuvre par les services de l’Etat. Des enfants scolarisés se retrouvent dans des centres de rétention, des adultes sont contrôlés au faciès près des centres commerciaux, des écoles, dans les trains …La Cimade, seule association indépendante qui avait accès aux centres de rétention afin de garantir des conditions de détention humaines et informer sur les procédures législatives, est remise en cause. Des associations, des enseignants, des personnes qui aident les sans-papiers sont inquiétés par la police et mis sous la menace de sanctions juridiques.

Dernier épisode en date, le 23 juin, le sénateur Jacques Muller accompagne le représentant des Droits de l’Homme et des professeurs qui viennent demander au Préfet du Haut-Rhin de réexaminer les dossiers de 3 familles du secteur Rouffach-Ensisheim-Bourtzwiller. Il dénonce une fois de plus l’incertitude, la précarité auxquelles sont soumis quotidiennement ces familles qui ont fui leur pays dans lequel il devenait dangereux pour eux de vivre, où elles n’avaient plus moyen de construire un avenir.

Le Cercle du Silence est là pour interpeller les élu-e-s et les citoyens sur cette réalité qu’on veut ignorer. En cercle pendant une heure et dans le silence, cette forme d’action ne laisse pas totalement indifférent . Si certains passants poursuivent leur chemin après un bref regard, d’autres s’arrêtent près des panneaux d’information pour se renseigner. Peu d’écho médiatique ou de dossier de fond traité par la presse, mais la persévérance des personnes qui se mobilisent ces samedis montre aussi leur détermination. D’autres formes d’action sont proposées : signature de motions de soutien, parrainage de familles, relais pour des mobilisations immédiates de protection de familles arrêtées,…Et le collectif rassemblé propose aussi de venir grossir les rangs de ce cercle du silence puisque le nombre est aussi un signe qui interpelle.

 

samedi 25 juillet 2009 - devant la sous-préfecture

Période estivale, braderie au centre, le CERCLE DU SILENCE s'est tenu ce dernier samedi du mois devant la sous-préfecture de Guebwiller. Une dizaine de personnes au départ, bientôt rejoint par d'autres pour former une ligne de 25 personnes le long de la rue Théodore Deck et qui a provoqué des ralentissements du flot important de circulation.
"C'est dans la persévérance que nous obtiendrons des choses. Notre action est aussi d'interpeller et ce soir, nous avons sûrement été vu par bien plus de personnes que certains samedis devant la mairie de Guebwiller." concluait Christian Weiss, un des animateurs du collectif de soutien et de solidarité envers les sans-papiers. Cette action citoyenne commencée il y a presque un an est non-violente, régulière (le dernier samedi du mois de 17h à 18h) et se passe dans beaucoup de grandes et moyennes villes de France. Elle se veut une protestation contre les centres de rétention, contre les expulsions des "étrangers" qui cherchent asile en France puisque en danger dans leur pays ou dans l'impossibilité de construire une vie. Le gouvernement applique des quotas (30 000 expulsions par an) sans tenir vraiment compte des situations de désespoir humain, arrêtant les gens à la sortie des écoles, des supermarchés, dans les trains. Les enseignants voient des élèves disparaître du jour au lendemain, des familles déchirées par des séparations sans cohérence. "France, pays des droits de l'homme et terre d'asile ?" peut-on lire sur les panneaux d'information. Selon les témoignages recueillis, on peut dire que cette question est légitime face à l'insécurité sociale et quotidienne de ces familles qui font de la France leur dernier espoir de construire une vie avec un avenir. Au vu du vieillissement de la population, il est évident que dans les 30 ans à venir, le besoin en personnel se fera de plus en plus sentir et la France comme d'autres déjà aujourd'hui fera de plus en plus appel à des "immigrés".

 

 

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