
DECHETS
Pour diminuer le volume des déchets ménagers,
en RESPONSABILISANT
VOICI
NOS PROPOSITIONS
viables
1.
INFORMER de manière transparente les citoyens
2.
FORMER par la pratique quotidienne, les gestes éco-citoyens
3.
LORS
DES ACHATS, c’est votre choix qui détermine le nombre de déchets que vous
achetez (emballages, sachets, polystyrène,
plastiques ….)
4.
A L’USAGE, réparer, recycler au lieu de jeter
5.
TRAITEMENT :
- Volume/pesée embarqués :
paiement en fonction du volume ou du poids des déchets avec une part fixe
concernant les frais des déchetteries, bacs-tri…
- Réduction des passages en
porte à porte pour les déchets non-triés
- Ajouter un passage spécifique
au porte à porte pour les déchets verts, organiques
- Fournir des composteurs à
bas prix
- Construire une usine de méthanisation (plutôt qu’un 3è incinérateur) avec production de biogaz utilisable en énergie vendue (chaleur, électricité)
ATTENTION
:ces propositions sont UN TOUT, on ne peut en prendre une sans les autres qui
sont complémentaires
6.
PAIEMENT principe pollueur-payeur
Le citoyen paye les ordures ménagères
deux fois ; à l’achat, les emballages sont compris dans le prix, à l’élimination,
par la TEOM Taxe Enlèvement des Ordures Ménagères en constante augmentation
(+109 % en 2005).
Le producteur paye une
participation moindre par la taxe EcoEmballage (en Belgique, le producteur paie
la totalité du traitement des déchets qu’il fabrique et met sur le marché).
Il faut donc inciter les
producteurs à participer financièrement et totalement au traitement des déchets
ménagers qu’ils produisent.
Lors de la séance du 24 mars 2005, les délégués des 17 communes de la Communauté de Communes de la Région de Guebwiller ont tous , sauf un (Christian Weiss, délégué de Murbach) voté le budget de la Taxe Enlèvement des Ordures Ménagères (TEOM). L'augmentation est de 106%.
En aout 2005, Christian Weiss (porte-parole régional Les Verts) rend publique son intervention dans la Presse Locale avec ses propositions. En meme temps, la Trésorière Principale des Impots rend attentif les habitants que les décisions prises par la Com Com vont avoir une imputation importante sur la prochaine Taxe Foncière puisque que la TEOM est indèxée sur la...taxe foncière.
L'été se passe sans réaction malgré ces 2 alertes qui auraient du rendre attentifs la population de ces communes.
Il faudra attendre l'automne et l'arrivée des factures dans les boites aux lettres pour voir s'éveiller un mouvement de protestation généralisé à l'ensemble des communes.
Le Président de la CCRG, également maire de Guebwiller et Conseiller Général, M. Daniel WEBER (UMP) ne modifie en rien son choix et celui de son Bureau.
Il trouve que la Taxe est SOLIDAIRE. Une personne agée, seule dans sa maison familiale, verra sa taxe augmenter de façon dramatique. Une famille nombreuse dans son appartement aussi. Chacun réfléchira à cette notion de solidarité.
On peut imaginer et mettre en oeuvre d'autres solutions énoncées ci-dessus et penser que le système de la redevance avec une part fixe pour la mise en place du service et une part variable calculée sur le volume produit par chacun serait une incitation à réduire ses déchets.
Les arguments mis en avant par M. Weber et son Bureau montrent de façon évidente un immobilisme politique navrant.
INTERVENTION de Christian WEISS lors de la séance du Conseil du 24 mars 2005, balayant les arguments de la CCRG.
POINT 12. BUDGET PRIMITIF 2005 (M14)
-Taxe Enlèvement des Ordures Ménagères TEOM
Vous nous demandez de fixer le montant de la Taxe d’Enlèvement des Ordures Ménagères au vu de l’analyse chiffrée présentée aujourd’hui et lors des commissions réunies de la semaine dernière.
J’observe que le coût de ce service passe de 1 610 000 € en 2004 à 3 380 000 € en 2005 soit une augmentation de 109 % plus du double et une augmentation pour l’usager de 25 % (de 98 € à 122€ probablement).
J’observe aussi que la CCRG, qui a été plus active dans le passé avec la mise en place du tri sélectif, d’une deuxième déchetterie, d’un processus de traitement des boues qui les fait enfin sortir de l’appellation déchet, ne fait plus que des constats avec un catalogue de bonnes intentions pour responsabiliser les usagers (communication, vente de composteurs) et les pollueurs (point vert sur tous les emballages, inciter les producteurs à réduire les emballages- comment fera le CCRG pour imposer ces deux mesures ? ).
Le Bureau cherche aussi à différer les initiatives en créant
un Comité Consultatif des Déchets.
J’ai le sentiment que nous manquons de courage politique pour traiter ce problème qui ne fait qu’empirer au fil des ans et on est bien dans le « plus je trie, plus je paie » que j’avais annoncé.
Les arguments, mis en avant par la CCRG pour expliquer cette augmentation énorme, sont de 3 ordres :
Certes, elle est réelle, mais était prévisible et, de toute façon, cette augmentation va se poursuivre au vu de la diminution mondiale des réserves. Cependant, elle ne peut justifier le doublement de la facture sur un an.
Cela fera un manque à gagner de 300 000 € par an. Si celle-ci se fait dans ces conditions, c’est peut-être aussi puisque l’ancien Président du SM4 (M.Sordi) n’a pas établi clairement le processus de sortie en oubliant de mettre en place un protocole qui s’impose en pareil cas. Je crois cependant savoir qu’une réunion est prévue avec le Préfet le 6 avril pour essayer de trouver des solutions.
Cet argument n’est évidemment pas recevable puisque le moratoire était de 6 mois alors que le délai entre l’arrêt de l’ancien incinérateur et la construction éventuelle d’un nouveau est d’au moins 4 ans pendant lesquelles les déchets sont de toute façon à gérer. Au contraire, le moratoire a permis de réfléchir, de revoir le calibrage de l’éventuel futur incinérateur à la baisse, ce qui devrait vouloir dire aussi un coût de construction et fonctionnement à la baisse, logiquement. (N’oublions pas qu’un incinérateur ne brûle pas que des ordures ménagères, mais aussi des Déchets Industriels Banals –qui relève des marchés privés- et des boues des stations et parfois des farines animales encore stockées.)
Si l’incinérateur actuel a
fermé un an plus tôt que prévu c’est aussi puisque l’ancien Président du
SM4 n’a pas lancé les travaux de mise en conformité demandés par la DRIRE
et qui en a fait l’un des plus
polluants de France (le 3è au niveau des rejets de plomb, chrome, cuivre,
manganèse, le 13è pour le cadmium et le mercure, sans compter la dioxine- près
de 70 fois la norme européenne admise). C’est donc par nécessité sanitaire
que le nouveau Président l’a fait fermer prématurément.
La charge de la taxe (TEOM) va donc subir une augmentation importante qui va se poursuivre probablement si rien n’est mis en place pour réduire de façon efficace et incitatrice le volume des déchets. Cela fait une ponction de plus sur les ménages alors que la situation économique en place fait baisser les revenus.
Je propose donc de mettre en place le système du volume embarqué qui serait une réelle incitation pour les gens à consommer, acheter autrement afin de réduire leur volume de déchets, de le faire apparaître dans la campagne d’information afin que chacun commence à calibrer sa poubelle pour être prêt dans 1 an et demi lorsque la CCRG renégociera le marché de la collecte et du traitement des déchets.
Je propose aussi de prévoir de mettre en place un ramassage des déchets verts dès qu’une usine de méthanisation avec récupération de chaleur et production d’énergie verra le jour et
de réduire les
passages pour la collecte des ordures ménagères non-triées.
Manifestation contre l'augmentation de la Taxe Enlèvement des Ordures Ménagères TEOM
samedi 15 octobre 2005 devant la Com Com de Guebwiller
INCINERATEUR
les photos de la manif festive du samedi 24 septembre 2005 sont en bas de page
150 communes du secteur entre Mulhouse et Colmar font partie du SM4
Les déchets de ces communes sont brulés pour une grande part à l'incinérateur d'Aspach.
L'usine hors norme et dangereuse a été fermée le 31 décembre 2004..
Un nouvel incinérateur de 90 000 tonnes est prévu pour 2007
ACTIONS
Le 5 juin 2004, plus de 1000 personnes sous la pluie ont manifesté leur désapprobation. Pétition et appel des élus ont été déposé en Préfecture.
Le 16 juin, 33 communes de la Porte d'Alsace (1300 tonnes) et les communes de la Camsa (14 000 tonnes) décident de ne plus etre "clients" de l'incinérateur d'Aspach ce qui fait 15 300 tonnes de moins à traiter (la Camsa va sur l'incinérateur de Sausheim, la Porte d'Alsace continue avec ses quelques résidus non-valorisés sur l'incinérateur de Bourogne).
Le 25 juin a lieu une nouvelle réunion du SM4.
ETAT DES LIEUX juin 2004
Michel Sordi, président du SM4, ne veut plus endosser seul la responsabilité de ce dossier.
Après l'annulation du permis de construire et du permis d'exploitation de l'incinérateur ultra moderne de Lunel Viel, le rejet de l'incinération par le Conseil Général de Bourgogne et le syndicat départemental de Charente, la mise en examen du Maire d'Albertville, nos élus ne semblent toujours pas avoir pris la mesure de ce dossier "brulant".
La Directive Européenne signée par la France oblige à une valorisation matière de 50% à partir de 2006.
Le Département veut inciter à une réduction des déchets ménagers de 220 kg/an/habitant à 180 kg/an/habitant. Cela ferait 27 000 t/an au lieu des 52 000 t envisagées actuellement. Les industriels, les producteurs, les grandes surfaces, les architectes ...vont aussi devoir faire des efforts.
Afin de réduire les boues, le Département pourrait subventionner les émetteurs de produits polluants pour installer des filtres et/ou changer de process de fabrication pour donner des résultats satisfaisants. Arriver ainsi à la réduction et à l'homologation des boues pour pouvoir les utiliser. Les DIB (Déchets Industriels Banals) peuvent circuler "librement" en Europe et ne peuvent etre considérés comme des apports réguliers quantifiables pour l'incinération.
Les risques sanitaires sont importants, la "rentabilité" d'un nouvel incinérateur n'est pas avérée avec un investissement d'argent public énorme.
En incitant par le volume embarqué (payer la facture de nos déchets à la taille de la poubelle choisie) à réduire les déchets, valoriser encore plus, réduire les boues (traitement vers un amendement organique) et les DIB, il nous semble que les 2 incinérateurs haut-rhinois déjà existants devraient suffir.
Encore faut-il mettre REELLEMENT cette politique, ces filières en place.
....à suivre !
LE DOSSIER
Chaque habitant produit actuellement en France en moyenne 370 kg de déchets ménagers par an soit plus d’1 kg par jour.
75
départements ne sauront plus quoi faire de ces déchets d’ici à 2010.
La
moitié va en décharge ou en incinération et ne sont pas recyclés, valorisés.
Les
décharges polluent les sols et l’eau potentiellement potable.
L’incinération
dégage des gaz toxiques qu’on retrouve dans le lait et les aliments.
Le
prix de la collecte des déchets est passé de 75 € à 150 € la tonne.
Les particuliers payent la redevance Ordures Ménagères sur la valeur locative de leur logement et non pas sur le volume ou le poids de leurs déchets *.
*
« volume embarqué »
signifie que le prestataire de la collecte propose 6 à 10 tailles/volumes de
poubelles et chacun paye en fonction du volume de sa poubelle. Ce qui est un
premier pas vers une réduction des déchets ménagers à la source par l’acte
d’achat et de consommer.
Les industriels payent une taxe « Eco-Emballages »** minime et sont grands producteurs de déchets.
**
Eco-Emballages est une société anonyme, créée à la suite du décret 92-377
du 1er avril 1992 par un certain nombre d’entreprises dont Nestlé,
Danone, l’Oréal. Cette société a une « mission d’intérêt
public » pour « installer sur tout le territoire la collecte
sélective, le tri, le recyclage » et est re-agréée de proche en
proche par les pouvoirs publics qui exercent un droit de regard sur les travaux
de la commission de concertation formée par Eco-emballages et l’Association
des Maires de France. Eco-Emballages perçoit de la part des entreprises 0, 61
€ par emballage portant le logo et est tenue « d’assurer aux
collectivités territoriales le remboursement du surcout susceptible de résulter
pour celles-ci du tri des déchets ».
L’équivalent allemand d’Eco-Emballages (DSD-Dual System Deutschland) rembourse aux collectivités 25 à 27 € par habitant et par an alors qu’en France, on en est à peine à 6 € habitant/an. Ce qui explique qu’il n’y a que peu d’incitation à produire moins d’emballages.
Incitation
à la réduction des déchets à la source, choix de la redevance-pesée/volume
embarqué, alternatives à l’incinération, comparaison avec les procédures
de nos voisins badois, dangers et conséquences sur la
santé et l’environnement sont des
questions préalables à se poser avant
toute nouvelle initiative concernant l’ensemble de la filière des déchets.
Cette
filière consiste actuellement dans la Communauté de Communes de la Région de
Guebwiller à un tri des déchets au porte à porte et leur valorisation, à une
déchetterie (en projet, une deuxième), à un ramassage des OM ultimes,
à un assainissement collectif, une station d’épuration (en cours,
un système de séchage des boues), une usine d’incinération.
Le
SM4, qui comprend 150 communes et où siège les Maires ou délégués, a pris
la décision de construire un nouvel incinérateur de 100 000 tonnes pour 2007.
ET S'IL SE CONSTRUISAIT
A COTE DE CHEZ VOUS ?
Entre
quelles solutions vous a-t-on demandé de choisir au nom de la population dont
vous êtes un élu ? Vous a-t-on expliqué les impacts d'un incinérateur
surdimensionné ? Vous a-t-on expliqué les conséquences sur les
infrastructures routières (d'ailleurs à la charge du Conseil Général ?) sur
le trafic routier ? Vous a-t-on expliqué l'impact bruit ? L'impact sur le
microclimat ? Les retombées sur la végétation ? Avez-vous interrogé vos
concitoyens ? Est-ce ce qu'ils veulent pour leurs enfants ? Vous a-t-on expliqué
l'effet cumulatif des rejets même infinitésimaux, l'effet cumulatif de
certaines substances dans la vie d'un homme ?
Entre
une solution de fuite en avant et la même solution de fuite en avant, vous
n'avez pas le choix ? Cette décision d'un futur incinérateur vous est
imposée, la suite du projet vous échappera-t-elle aussi ? Pour décider de
telle ou telle capacité, vous etes-vous informés de manière contradictoire,
de toutes les options possibles et d'abord de celles qui préservent l'avenir.
Exigez, avant toute nouvelle décision, que l'ensemble des paramètres et scénarios
vous soient communiqués à partir d'études croisées et indépendantes.
L'Alsace,
le Haut-Rhin est une des régions les plus polluées de France, une où l'effet
de serre est le plus élevé, où les paysages sont les plus saccagés par
l’industrialisation sauvage, notre région comprend de nombreux sites Seveso.
Pensez-vous qu'il y a cohérence entre développement touristique, rural,
agricole, maraîcher (Gerplan) et promotion à l'incinération à outrance comme
solution d'avenir ?
Dans
le domaine des déchets, député, conseiller général, maire ou conseiller
municipal, par votre vote, vous avez l'opportunité de mettre tout à plat
puisque vous êtes les seuls acteurs décideurs de votre ? de notre avenir ? et
de celui des générations futures.
Lors
du Comité SM4 du 29 septembre 2001, les chiffres avancés étaient :
ordures ménagères (OM) non triées 40 000 tonnes, boues de stations d’épuration
20 000 tonnes, déchets industriels bruts (DIB) 15 000 tonnes et… farines
animales 25 000 tonnes, soit 100 000 tonnes. Le cabinet Bethure chargé par le
SM4 du dossier soulignait que « dans
le cas de la disparition des farines animales, le fait de les remplacer par des
DIB présente un risque (de non remplissage et donc de surcoût)
sur lequel la collectivité ne peut pas s’engager » étant donnée «
la grande volatilité de ce marché ».
Pourtant
lors du comité du 18 septembre 2003, les farines animales ayant disparu, les
estimations DIB sont passées par miracle de 15 000 à 31 000 tonnes… :
à titre de comparaison, cela représente 151 kg en équivalent habitant/an
contre 83 kg actuellement dans le Bas-Rhin ! ! Parallèlement, les
estimations OM non triées sont passées de 40 000 à 53 000 tonnes, ce qui
traduit une absence manifeste de volonté commune pour promouvoir des modes de
collecte « gratifiant financièrement
le geste de tri », telle que la facturation au poids ou au volume
pratiquée avec succès dans toutes les 40 Communautés des Communes du Bade
Wurtemberg. En s’appuyant sur ces modes de collecte qui responsabilisent les
usagers, les OM résiduelles à traiter sont tombées à 120 kg/habitant/an…
contre 250 kg/habitant dans le calcul prévisionnel retenu par le SM4…
Des
chiffres aléatoires pour justifier un surdimensionnement
manifeste, aucune initiative vers des solutions alternatives.
Les
chiffres de références n’ont été communiqués aux délégués que le jour
de la séance décisionnelle, alors que les enjeux techniques, financiers et
environnementaux liés au dimensionnement d’un tel outil méritaient une véritable
contre-expertise scientifique, donc un délai minimal de réflexion. Les membres
du SM4 étant pour la plupart les délégués des Communautés des Communes, il
était indispensable que celles-ci puissent travailler et débattre sur ce
dossier, et ce d’autant plus qu’elles ont la responsabilité des méthodes
de collecte des OM. Manifestement cette étape a été littéralement confisquée
et quelques 60 millions € se voient ainsi implicitement engagés sans réflexion
au sein des instances concernées.
En
intégrant précisément les subventions du Département, cela représente une
charge supplémentaire de 218 € pour chaque habitant du SM4.
Le mythe du feu purificateurEn soutenant, à Aspach-le-Haut, la construction
d'un gros incinérateur d'ordures ménagères
et assimilées de 100 000 tonnes/an, le département du Haut-Rhin,
avec trois incinérateurs, devient le champion de l'incinération et
invite les contribuables au monstrueux financement de la sacralisation
du mythe du feu purificateur, à hauteur d'un prix estimatif de départ
de 60 000 000 d'euros H.T. Les calamiteuses et ruineuses
prestations de l'incinérateur voisin de Mulhouse n'auront servi à
rien, si ce n'est à reconnaître que la technologie des lits fluidisés,
utilisée sur ce site, n'est pas la panacée en terme d'incinération des
ordures ménagères... la belle affaire ! A quelques semaines d'une canicule qui vient de nous rappeler
le piteux état atmosphérique du fossé rhénan, il est légitime de
s'interroger sur le fait de savoir s'il est judicieux d'en rajouter en
mettant en place un dispositif dont l'objectif est de disperser dans
l'atmosphère 67 000 tonnes/an de substances diverses, à l'aide de
550 000 000 de m³/an d'air nécessaires à la combustion des
déchets et à la fabrication de quelques dizaines de milliers de tonnes
de dioxyde de carbone fortement responsable de l'aggravation du réchauffement
de la planète. Sans parler des rejets des 160 tonnes/an d'oxyde
d'azote, de dioxyde de soufre, de monoxyde de carbone, d'acide
chlorhydrique, de composés organiques volatils, de poussières ;
des centaines de kilogrammes/an de métaux lourds, d'acide
hexafluorhydrique ; des dizaines de kilos/an de cadmium et de
mercure gazeux et les 5 milliards de picogrammes/an de dioxines, l'incinération
des déchets, à cette échelle, est un puissant fournisseur du dépotoir
atmosphérique de notre région.
Bien que les erreurs politico-économiques passées ne
permettent pas présentement d'abandonner complètement l'incinération,
il faut admettre que ce procédé d'élimination des déchets n'a plus
d'avenir dans un objectif de préservation à moyen terme des
potentialités biologiques de la planète, et que cela plaise ou non aux
décideurs politiques et privés, il va bien falloir mettre en oeuvre un
processus généralisé de valorisation des produits résiduels depuis
la source de production jusqu'à l'étape transitoire du recyclage, ou
de la revalorisation matière sans utiliser l'atmosphère comme décharge
principale de nos miasmes polluants. Si les ménages ont répondu
très favorablement aux expériences de tri et de compostage qui leur
ont été proposées par des élus courageux, responsables et prévoyants,
et qu'ils ont atteint des résultats remarquables, notamment dans la
Communauté de communes de Dannemarie, ou le secteur de Ribeauvillé par
la pesée embarquée, force est de reconnaître que trop de
professionnels industriels et commerciaux n'affichent pas les mêmes
dispositions civiques en produisant annuellement 100 000 tonnes/an
de déchets industriels bruts, mélangés et non triés pour le seul département
du Haut-Rhin.
De surcroît, les chaînes de distribution n'offrent à leurs
clients aucune possibilité de dépôt des emballages inutiles des
produits achetés en sortie de caisse. Quant aux fabricants, leurs
emballages et sur-emballages ne font l'objet d'aucune réglementation,
laissant aux clients le soin de payer ces emballages à l'achat, et de
payer leur élimination en bout de chaîne. En évoquant le monstrueux
gaspillage des montagnes de documents publicitaires, les sommets de
l'ineptie sont atteints. Quant aux boues de stations d'épuration que
l'on se propose d'incinérer parce que l'agriculture n'en veut plus, il
faut bien reconnaître que l'hyper-centralisation des effluents liquides
sur de grosses unités de traitement a largement favorisé la
contamination des boues par des substances résiduelles toxiques qu'il
eut été aisé de piéger à la source par des installations spécifiques
ou des campagnes d'information du public. Vu sous l'angle cru de
la réalité et de l'objectivité des faits, la construction d'un incinérateur
est, à l'heure du développement durable, un terrible aveu d'incompétence
politique, et surtout un remarquable outil de promotion de l'incivilité
puisqu'il invite à jeter sans trier pour assurer le remplissage maximum
nécessaire au bon fonctionnement et à l'amortissement financier de la
bête incinératrice. Dans une région qui se classe également en
tête dans les chiffres nationaux traduisant la fréquence des cancers,
la dispersion atmosphérique de dioxines supplémentaires ne va sans
doute pas dans le sens de l'amélioration de ces statistiques
oncologiques. Toujours est-il que dans le Bas-Rhin on se contente d'un
seul incinérateur et, pour 60 millions d'euros, on construit un nouvel
hôpital, bravo ! Dany DIETMANN, maire de Manspach, professeur de biologie. |
|
INCINERATEUR
de SAUSHEIM-MULHOUSE Dioxines et furanes dans l’air pendant 5 mois(mars - juillet 2003) Sachant
que les gestionnaires de l'incinérateur de Mulhouse, avaient
connaissance des dépassements de norme en dioxine depuis Mars 2003, et
qu'ils n'ont décidé de voir ce qui se passait techniquement que 5 mois
plus tard du 5 au 10 Juillet 2003 (Colmatage de l'injection
du charbon actif) et que les nouvelles mesures des charges en dioxines
n'ont été effectuées que les 25 et 26 novembre 2003 pour révéler
que les rejets de la ligne 2 dépassaient toujours plus de 6 fois la
norme et que depuis cette date aucune nouvelle mesure n'a été réalisée
alors qu'il est certain que l'incinérateur,
aujourd'hui poursuit sa pollution, tout cela porte à penser : *
Que les gestionnaires de l'incinérateur n'ont aucun respect de la santé
des populations riveraines, sans quoi, ils auraient informé les
populations en leur
demandant de ne pas consommer les produits de leurs potagers et de leurs
vergers. Rien ne prouve aujourd'hui qu'entre Mars 2003 (Constat du
dysfonctionnement) et Juillet 2003 (Date de réparation) l'incinérateur
n'a pas rejeté des quantités de dioxines dépassant 500 ou 1000
fois les *
Que quels que soient les évènements, les gestionnaires s'en tiennent
à l’analyse de dioxine/an : analyse confiée à un laboratoire choisi
par l'exploitant, à une date définie par la DRIRE avec 48 heures de
préavis. *
Que le fait de laisser aujourd'hui l'installation fonctionner avec
des rejets dépassant 6x les normes, pour assurer la vidange des
dioxines des canalisations dans l'environnement respiratoire des
habitants relève d'une criminelle inconscience. Le nettoyage mécanique
du dispositif aurait permis d'éviter cette contamination supplémentaire.
Au mois de Mars cela fera 1 an d'infraction caractérisée. *
Que nous ne disposons aujourd'hui de ces révélations que par le fait
qu'il y ait eu changement d'exploitant, lequel n'ayant pas envie d'éponger
les erreurs de son prédécesseur, et qu'il aura fallu avoir recours à
un arrêté préfectoral révélateur. *
Que l'incinération évolue dans un contexte occulte, verrouillé, où
l'information du public n'existe pas, et où le fait de ne faire qu'une
seule analyse de dioxine/an permet de rejeter n'importe quoi pendant le
restant de l'année. On ne parlera même pas des by-pass. Il
est troublant de constater que les scénarios ayant présidé
aux catastrophes révélées comme sur la commune de GILLY, relèvent
exactement du même
occultisme, du même laxisme et du même mépris des populations
riveraines. |
Le 6 juin 2004, plus de mille personnes défilent dans les rues de Cernay sous une pluie battante pour marquer leur détermination contre ce projet d'incinérateur à l'appel de NIAH (collectif ) et pour faire part de leurs propositions pour une autre gestion des déchets dans le Haut-Rhin. A la suite de cette manifestation, un moratoire de 4 mois est voté au CG-68 et des commissions créees.
LE POINT sur ces travaux de cet été :
- le travail en commission, au Conseil Général, bien que fructueux n’a pas permis aux décideurs de se faire une opinion :
o 11 Conseillers Généraux (sur 31) ont participé à l’une des 6 réunions (6 CG en moyenne étaient présents)
o 6 délégués du SM4 (sur 42) ont participé aux travaux
La nécessité de diffuser l’information à tous les décideurs est donc évidente.
- le colloque que nous demandions, dans l’optique d’aide à la décision, aura bien lieu fin novembre (la date n’est pas encore complètement arrêtée). Il comprendra 3 volets :
o sanitaire : où nous espérons la présence du Pr. Belpomme, pour développer les relations de la pollution atmosphérique sur notre santé
o technique : tous les moyens de traiter les déchets (dont l’intérêt de la méthanisation pour la partie fermentescible de nos déchets et le traitement des boues…)
o solutions politiques : expériences allemande, belge et autrichienne
Le Conseil Général a prévu un budget de 30 000€ pour organiser cette importante manifestation. Un courrier sera envoyé par le président Buttner afin d’inviter tous les conseillers généraux, maires et délégués du SM4…
- le moratoire est donc repoussé jusqu’à cette période qui verra alors les différentes assemblées prendre des décisions importantes :
o Mi-décembre, les conseillers généraux, en assemblée départementale, mettront un terme au moratoire. Ils détermineront, par leur prise de position, quelle politique des déchets (que nous espérons, ambitieuse) sera menée dans le Haut-Rhin, dans les 10 prochaines années.
o Fin décembre ou début janvier, le SM4, prendra (ou ne prendra pas) la décision de construire une nouvelle installation à Aspach-le-Haut.
Aujourd’hui il est donc essentiel de montrer aux élus (du département et du SM4) que la population est plus que jamais déterminée à se mobiliser :
· Pour une nouvelle politique (départementale) des déchets
· Pour une facturation juste des déchets que nous produisons (au poids ou au volume)
· Pour le respect de l’engagement : « le Haut-Rhin, département pilote en matière de tri »
· Pour un air sain (sans odeur, ni pollution)
L’ensemble de ces thèmes permettant d’aboutir à une redéfinition des moyens de traitements des déchets résiduels et l’inutilité d’un nouvel incinérateur.
Nouvelle
manifestation SAMEDI 4 DECEMBRE 2004 à 14 H
Un nouveau président, M. Louis est élu à la tete du SM4. L'incinérateur actuel est arrèté le 1er janvier 2005.
Le Conseil Général ne met pas en place le volume embarqué, ne cherche pas à réduire le volume des déchets, ne fait pas la synthèse des réunions de l'été 2004 (seul un colloque s'est tenu à Muntzenheim).
LE SMU décide en juin 2005 du nouveau calibrage du futur incinérateur : 75 000 tonnes . Aucune Com Com du SM4 ne met en oeuvre une politique de réduction des déchets par la pesée ou volume embarqué, une diminution des fréquences de passage des déchets non-triés, un passage spécifique au porte à porte pour la collecte des déchets verts, une étude pour une usine de méthanisation pour ne citer que quelques exemples opérants déjà ailleurs et tout près.
Une NOUVELLE MANIFESTATION FESTIVE a eu lieu samedi 24 septembre 2005 à CERNAY.
AUTOMNE 2005 :
Le Préfet de l'Hérault demande la fermeture de l'incinérateur de Lunel-Viel à cause d'une pollution trop importante de rejets de dioxine dans l'air. Il faut savoir que cet incinérateur est un incinérateur très récent présenté comme très performant et "propre" et que son exploitant est le meme que celui de Mulhouse : Novargie.
NOVEMBRE-DECEMBRE 2005 :
RHODIA CHALAMPE a un projet de plateforme énergétique sur son site de Chalampé pour bruler les déchets industriels banals (DIB) et pourrait prendre en charge les ordures ménagères du SM4 et d'ailleurs.
Cela éviterait un nouvel incinérateur sur Aspach le Haut, mais ne ferait que déplacer le problème environnemental et sanitaire un peu plus loin...
Nous restons fermement opposés à tout nouvel incinérateur en Alsace et voulons imposer l'incitation à la réduction des déchets par le volume embarqué entre-autre sur tout le territoire...
octobre 2007 : nouvelle manif rassemblant près de 2000 personnes ; la Commune d'Aspach refuse de céder le terrain pour construire l'incinérateur, les délégués ont du mal à atteindre le quorum au SM4 pour délibérer et réduisent de moitié les délégués.
Enquête publique et décision relevant de la Préfecture et du Conseil Général alors que la tendance est de réduire les déchets (redevance incitative) avant toute nouvelle construction.
2008 :
L'année de la victoire de l'association NIAH, des partis, associations et citoyens qui se sont battus pendant 8 ans (début de la mobilisation en 2000) pour l'obtenir. En effet, à la suite des élections municipales et du renouvellement des délégués au SM4, la gestion de ce syndicat, ses options et choix de l'incinérateur sont remis sérieusement en cause. La mise en place de la collecte au volume (taille des poubelles) à Cernay, de la collecte sélective des biodéchets à Rouffach, du changement de destination du traitement des OM résiduelles à Sausheim pour Ensisheim et au début 2009 pour la CCRG de Guebwiller ne feront qu'accélérer cette évidence :
un troisième incinérateur dans le Haut-Rhin n'est pas nécessaire et
le projet est ABANDONNE !
Les nouvelles directions sont la collecte sélective des biodéchets avec des unités de méthanisation, éventuellement une plateforme de tri optimisé pour le Département qui songe aussi à un four industriel (ce que nous refuserons car cela ressemble trop à un incinérateur bis). Cela marque aussi la fin de la sectorisation d'une certaine façon.
VICTOIRE donc, mais vigilance sur la suite....
......................................................................................à suivre
http://niah.ouvaton.org
en savoir plus :
Comment fonctionne un incinérateur, les alternatives, dioxine et cancers, se battre et ....gagner ! un site complet à consulter en priorité www.grosbreuil.com
le dossier " DIOXINES " du rapport sur l'usine d'incinération des ordures ménagères de CLUNY. Ahurissant !!! http://globenet.org/verts74/
les dossiers du CNIID :