BOUES de la station d'épuration
de la Communauté de Communes de la région de Guebwiller
1.
ETAT DES LIEUX
Le
traitement des « boues de STEP» se fait classiquement par :
·
la valorisation agricole
·
l’enfouissement
·
l’incinération
La CCRG a produit en 2003, 4 788 tonnes de boues et
en 2004, 5426 tonnes.
Le marché signé avec SEDE Environnement en 2003 est sur la base de l’épandage agricole de 3200 tonnes de boues brutes et l’évacuation de 800 tonnes vers l’incinération. En 2004, la CCRG monte ce tonnage à 4000 tonnes (épandage) et 1500 tonnes (incinération, enfouissement à Créhange-Moselle ou Retzwiller-Haut-Rhin).
Une
augmentation du volume des boues produites et des filières existantes à améliorer
Pour
étudier la problématique de l’épandage agricole, la qualité des boues et
des sols, deux organismes travaillent avec la CCRG :
*
une société privée, SEDE, peu « encadrée » et qui n’offre pas
forcément les critères qualitatifs et de
sérieux que l’on pourrait en attendre (au vu des difficultés récurrentes
rencontrées au niveau de la station de
compostage de Cernay),
*
un organisme public dépendant du Conseil Général du Haut-Rhin, la Mission de
Recyclage Agricole
(M.R.A.).
Le 6 novembre 2003 déjà,
lors de la présentation de l’étude préalable à l’épandage par SEDE, la
MRA et la MISE (Mission Inter Service de l’Eau) ont fait opposition à l’épandage
sur environ 50% de la surface d’extension proposée. (c.f. Conseil de CCRG du
24 juin 2004).
Le 23 novembre 2004, lors
du Conseil de la CCRG, il est proposé de « réaliser une étude préalable
sur la pérennisation de la valorisation agricole des boues et des filières
alternatives sur la base du cahier de charges de la MRA du Haut-Rhin ».
Le 1er février 2005,
lors du Conseil CCRG, il est rappelé que le périmètre d’épandage est limité
au territoire des communes raccordées à la station d’épuration . Or, ce périmètre
n’est plus suffisant (refus des exploitants, qualité des sols…) et un arrêté
préfectoral (n°20033167 du 12 nov. 2003) formalisait de nouvelles surfaces à
Merxheim, Rouffach, Gundolsheim, Meyenheim et Ungersheim.
La MRA fait part de son opposition à l’extension
sur ces communes afin de leur permettre de les utiliser éventuellement pour
leur propres besoins.
La CCRG a donc cherché de nouveaux terrains à Uffholtz, Wattwiller, Berrwiller et Bollwiller pour une surface totale de 410 hectares permettant l’épandage de 3000 à 3500 tonnes de boues. Pour ceci, la CCRG demande au Préfet du Haut-Rhin de mettre à l’enquête publique l’extension de ce périmètre d’épandage. Cette enquête est en cours jusqu’au 7 juin 2005.
Dès le 15 novembre 2004, la MRA avait transmis un avis très précis à la CCRG en émettant « des réserves sur l’aptitude de certaines parcelles présentées comme aptes par la SEDE, notamment celles dont le sol est acide ». Si la CCRG s’était engagée en novembre 2004 à tenir compte du cahier des charges de la MRA, il est très étonnant de ne trouver, proposé à l’enquête publique, que le seul document de SEDE, sans les avis déposés par la MRA, ce qui est un manquement à la transparence de l’information sur un sujet aussi sensible et contraire à ce qui a été annoncé préalablement.
Parallèlement, il a été demandé à SEDE de mettre en œuvre un process (enrichissement avec des oligo-éléments, peu d’azote, suivi des matières premières et de leur maturation…) pour sortir les boues de l’appellation déchets et en faire un équivalent d’amendement organique, des boues « normalisées » NFU-44095, commercialisables pour l’entretien des pelouses, la plantation d’arbres, les jardinières, la réalisation de plate-bandes/espaces verts, fleurissement…. Un premier essai a été réalisé pour obtenir 800 tonnes de boues-compost normalisées à partir de 1200 tonnes de boues brutes. 780 tonnes sont parties en valorisation agricole à Berrwiller et Munchhouse, sans autorisations nécessaires sur un périmètre d’épandage puisqu’elles ne sont plus considérées comme déchets.

2. LES
PROPOSITIONS
La priorité doit être de développer
et améliorer la valorisation agricole, de valoriser cette matière organique,
plutôt que de la brûler !
A cet effet, il est essentiel
·
de mieux contrôler en amont les flux d’eaux usées à
traiter au niveau de la STEP, les branchements industriels et viticoles
(fréquence des prélèvements, échantillonnage, paramètres analysés – PCB,
HPA, organochlorés-métaux lourds, germes pathogènes…-, relevés des contrôles
de l’année) ;
·
de suivre au plus près la qualité des rejets effectués dans
le milieu naturel, la Lauch ;
·
être extrêmement rigoureux quant
à la qualité des boues produites (trace de métaux lourds ) et qui doivent être
impérativement compostées
·
être extrêmement rigoureux quant à la bonne adéquation
entre les boues compostées épandues et les sols qui les accueillent (ce
n’est manifestement pas le cas dans l’extension proposée soumise à
l’enquête publique).
Nous refusons que la filière de l’épandage agricole soit ainsi « sabotée »,
dans le cas présent, il faut :
· améliorer la qualité des boues compostées non-normalisées pour en permettre l’épandage sur sol acide (un chaulage adapté doit permettre d’en faire non seulement un amendement organique, mais un amendement calcique – un PH inférieur à 6 empêche le complexe arilo-humide de retenir les traces de métaux lourds qui peuvent être lessivés et migrer dans les eaux souterraines ou les plantes)
·
développer le process de valorisation de la qualité des boues
traitées jusqu’au bout pour arriver à l’homologation
« boues homologuées » (au-delà de la normalisation « boues
normalisées »), en augmenter le tonnage traité (la CCRG propose de
traiter à terme 1/3 des boues brutes) mais avec un contrôle
plus sérieux de la SEDE qui n’offre manifestement pas toutes les
garanties requises
Nous dénonçons le manque de transparence de l’enquête publique en cours
puisque le Président de la CCRG (M. Weber) ne soumet au public que le seul document de la SEDE (entreprise privée) au détriment des remarques et avis de la MRA et de la MISE (organismes publics).
Groupe Local Les Verts Guebwiller-Cernay – 1er
juin 2005