ARTICLES PRESSE REGIONALE
"train en marche" samedi 19 septembre de Bollwiller à Guebwiller le long de la voie ferrée
Un wagon de 200 personnes
A l'initiative des Verts, du Collectif citoyen et de Florirail, une marche symbolique s'est tenue, hier après-midi, le long de la voie de chemin de fer reliant Bollwiller à Guebwiller, fermée depuis quarante ans au transport de voyageurs. Au total, ce sont près de 200 personnes qui ont effectué le parcours.
« Il y avait beaucoup de monde dès le départ. Ce n'était pas forcément prévu mais on ne va pas se plaindre », souriait, à l'arrivée, Christian Weiss, l'un des organisateurs, à l'heure de dresser le bilan de cette première « marche de témoignage », comme il l'a baptisée.
«Il y a une possibilité de refaire fonctionner le train»
Bien
entendu, cette fois-ci, les quelque 200 sympathisants n'ont pas fait le
trajet en huit minutes, comme cela pourrait être possible selon l'étude
de faisabilité réalisée il y a quelques mois (lire DNA du 16 09), mais
en quatre heures. Quatre heures pour partager des souvenirs mais aussi
des espoirs. Pour revoir enfin le train le long de la Lauch et pouvoir
relier Guebwiller à Bollwiller. L'objectif de cette marche était
également de sensibiliser les élus à quelques semaines des prochaines
élections régionales, le TER étant désormais de la responsabilité de la
Région.
Parmi les sympathisants, Andrée Buchmann, conseillère régionale et
vice-présidente de la Communauté urbaine de Strasbourg, a tenu à
apporter son soutien : « Il est nécessaire que ces problématiques soient
au centre des débats pour les prochaines élections. Nous mettons de
l'argent dans le TGV mais on a tendance à oublier les à côté. Il faut
remédier à ce problème. »
Cette marche de témoignage a en tout cas démontré, une nouvelle fois,
l'intérêt de la population pour le retour du train dans la vallée du
Florival. « Les gens ont pu découvrir le parcours. Ils ont aussi pu se
rendre compte de l'état de la voie. Il y a une possibilité de refaire
fonctionner le train. L'emprise est là, c'est déjà une bonne chose »,
soulignait, à son tour, Christian Weiss.
Accompagnés par la CGT, ou encore l'association VAL de Linthal, les
membres des Verts, du Collectif citoyen de Guebwiller et de Florirail
ont, en tout cas, rempli leur objectif.
«Pourquoi ne pas organiser de journées débroussaillage des voies?»
D'autres actions sont programmées ou, tout au moins, envisagées, même s'ils ne referont pas « une marche tous les ans. Il y a d'autres possibilités. Pourquoi ne pas organiser de journées débroussaillage des voies par exemple ? L'action phare sera toutefois le contrôle des actions engagées par les politiciens qui ont signé notre pétition. Chaque année, nous ferons le bilan et on verra s'ils tiennent leur promesse. Il est grand temps ».
Ronan Le Goaster ..........DNA -dimanche 20 septembre 2009
Plein d’entrain pour le train
Samedi après-midi, 150 marcheurs, partis pour certains de Bollwiller, sont arrivés à la gare du Heissenstein à Guebwiller. Ces manifestants réclamaient le retour du train dans la vallée.
Ils
partirent 40 et, par un prompt renfort, ils se virent 150 en arrivant en
gare… Samedi après-midi, les Verts et le Collectif citoyen de Guebwiller
ont réussi leur pari en rassemblant du monde le long de l’ancienne voie
de chemin de fer Bollwiller-Guebwiller. En engageant cette marche,
longue de 8 à 9 kilomètres, ils entendaient réclamer le retour du train.
Les plus sportifs sont partis de la gare de Bollwiller, s’engageant sur un chemin difficile. À Soultz, ils ont été rejoints par d’autres marcheurs, dont plusieurs élus Verts à l’image du sénateur Jacques Muller et des conseillers régionaux Andrée Buchmann et Jacques Fernique. Quant à Djamila Sonzogni, elle a pris le train en marche à Guebwiller.
Emmenés par Christian Weiss, qui menait bon train, ce petit monde, portant drapeau et chantant, a dû faire face aux herbes folles et aux ronces qui encombrent les rails mais aussi aux insultes de quelques riverains de la voie, furieusement hostiles à l’arrivée d’un TER dans la vallée.
Néanmoins, à aucun moment cette manifestation n’a dégénéré. Avec humour, des marcheurs ont évoqué la possibilité d’un partenariat avec le Club vosgien, qui pourrait baliser le chemin. D’autres, un peu rêveurs, ont choisi de profiter de la balade : « Bientôt, on ne pourra plus faire ce trajet ; il y aura le train ! » CQFD.
Ces militants des transports en commun ont retrouvé des forces à leur entrée en gare de Guebwiller : une quarantaine de personnes les attendaient pour leur emboîter le pas jusqu’à la gare du Heissenstein. Il y avait là la section PS de Soultz ou encore les associations Agir ensemble (Soultz) et VAL (Vivre et agir à Linthal).
« Les belles paroles doivent désormais se traduire en actes »
Au terme de cette manifestation, plusieurs personnalités ont pris la parole, en particulier Patrice Knorr, président du Collectif citoyen, Dany Walter, président de Thur Écologie transports (qui a milité pour le retour du train dans la vallée de la Thur), les cheminots CGT, ou Stéphane Hissler, président de Florirail, présent à titre personnel.
« Il est temps de rappeler aux élus leurs promesses car le tout voiture, c’est fini. L’avenir est aux transports collectifs », a déclaré Patrice Knorr. Tous ont estimé que les budgets peuvent être trouvés : « On va dépenser 256 millions d’euros pour gagner encore quelques minutes entre Paris et Strasbourg. La réhabilitation de cette voie en vue d’accueillir un TER ne coûte que 16 millions d’euros. »
Il a été question aussi de défense du service public, d’accessibilité pour tous et d’aménagement du territoire. Jacques Fernique a également lancé un appel à la poursuite de la mobilisation : « Si vous ne comptez que sur le rythme poussif des élus de la majorité pour un jour revoir le train dans cette vallée, vous pouvez attendre… Il vous faut des élus déterminés ! »
Enfin, Jacques Muller a souhaité prendre au mot le ministre de l’Environnement, Jean-Louis Borloo : « En introduction du débat sur les lois Grenelle II, il a déclaré que toutes les lignes de France vont être rouvertes ! Les belles paroles doivent désormais se traduire en actes ! »
Et de souligner que la lutte contre l’incinérateur à Aspach-le-Haut avait finalement abouti au bout de huit ans grâce à un rapport de force. « Nous devons continuer. » Les organisateurs n’excluent pas de renouveler cette marche.
Élise Guilloteau -L'ALSACE lundi 21 septembre 2009